Karl Koch

publié le octobre 18, 2020, dans la catégorie Artistes

Né en 1973, Karl Koch baigne très vite dans l’Histoire et la Littérature. Autodidacte et passionné, il reconnaît rapidement ses maîtres en Jan Saudek, Joël-Peter Witkin et Jonathan Abbou. Il se lance alors dans la colorisation manuelle de ses portraits de femme et de ses natures mortes. Obsessionnel et rigoureux, il tente d’explorer ses propres parts d’ombre pour révéler celles de chacun.

        Le corps de la femme, désirée mais souvent inaccessible, devient ainsi son unique prisme pour percer à jour et déshabiller les chairs. Mêlant fantasmes primaires et crépuscules féminins, il fige les corps barytés avant de les cuisiner et d’en coloriser les textures. Les nudités sordides, les grimaces entrebâillées, les muscles bandés deviennent autant de passerelles pour basculer dans son monde. Les cuisses sont des calices, les bouches des offrandes qui, sous ses pinceaux, révèlent leurs ardeurs. Les couleurs sont posées avec patience, assemblées comme une horlogerie suisse, pour se sublimer en un tableau tantôt gothique, tantôt baroque, où l’œil indiscret est invité à poursuivre ces ombres sans retenue et sans fard.

        Il prend ainsi le temps d’habiller d’encre ces rêves de beauté abandonnés devant son objectif gourmand. Il demande beaucoup pour déconstruire les rôles, affirmer sa vérité, et sûrement aussi assumer sa part d’ombre…